Je suis rentrée de notre week-end Return to Lemuria, le cœur rempli de gratitude pour la magie que nous avons vécue ensemble.
Nous avons pris le temps de nous relier à l’énergie des éléments dans le corps, aux symboles, et les voyages chamaniques nous ont apporté tant de prises de conscience. Ce que j’ai le plus aimé, c’est voir les participants découvrir leurs propres capacités extraordinaires. Il y a quelque chose de beau à voir une personne commencer à faire confiance à ce qu’elle ressent et perçoit, et reconnaître la sagesse à laquelle elle a accès en elle-même. D’ailleurs, je proposerai à nouveau ce week-end en juin 2027, dans mon nouveau lieu près de Lunenburg. Je vous en reparlerai bientôt.
Pour moi, cette expérience a approfondi ma confiance dans la sagesse du Huna lémurien. Chaque fois que je l’enseigne, j’y découvre quelque chose de plus. Les enseignements continuent de se révéler à travers nos corps, notre expérience ensemble et ce que chacun y apporte.
Une pratique en particulier m’habite encore.
Nous avons visualisé les contours de nos corps qui s’adoucissaient jusqu’à se fondre dans la terre sous nous. Nous avons laissé le sol accueillir ce qui avait fait son temps, lui abandonnant quelque chose d’ancien pour faire de la place à ce qui souhaitait émerger.
Une forme de compostage.
Je pense à toute la sagesse qu’il y a dans ce geste de rendre quelque chose à la terre, et au peu de temps que nous nous accordons pour honorer une fin.
Les fins prennent tant de formes. Une saison change, un enfant quitte la maison (celle-là, je la connais profondément en ce moment ; ), une relation se transforme, une personne que nous aimons meurt… Parfois, une fin se produit discrètement à l’intérieur de nous. Une façon d’être familière ne nous ressemble plus tout à fait, même si nous ne savons pas encore qui nous devenons.
Il arrive que nous sentions que quelque chose est arrivé à son terme bien avant d’être prêts à le reconnaître. Il peut y avoir une tristesse que nous n’avons pas eu le temps de ressentir, ou de l’incertitude devant ce qui prendra sa place. Et la vie continue de nous solliciter, alors nous poursuivons notre chemin.
Parfois aussi, nous oublions de reconnaître l’accomplissement que porte une fin. Quelque chose nous a donné ce qu’il pouvait nous donner. Nous avons grandi à travers cette expérience. Nous pouvons honorer ce qu’elle a représenté pour nous tout en lui permettant de se terminer.
La nature connaît l’importance des fins. La rose laisse tomber ses pétales. Les feuilles se déposent au sol et deviennent une part de la terre qui nourrira une prochaine saison de croissance. Il est impossible d’être en pleine expansion toute l’année.
Nous aussi, nous appartenons à ces rythmes.
Peut-être vivez-vous quelque chose de semblable en ce moment. Vous sentez que vous ne pouvez plus tout à fait revenir à ce qui était. Quelque chose a été vu, ressenti ou compris, et cela vous a transformé. Pourtant, la suite demeure floue.
J’aime penser à cet espace comme au cocon du non-manifesté.
Il demande de la patience, du repos, de l’espace pour ressentir ce que nous laissons derrière nous, sans avoir à expliquer ce qui viendra ensuite.
Lorsque nous regardons la terre à la fin de l’automne, nous voyons bien peu de la vie qui se déploie sous sa surface. Pourtant, elle continue d’accueillir, de décomposer, de transformer. Ce qui est tombé devient nourriture.
Je trouve du réconfort à me rappeler que j’appartiens, moi aussi, à cette intelligence. Je peux porter attention à ce qui se passe en moi et laisser une partie de ce processus suivre son propre rythme.
Et parfois, à mesure que je m’installe dans cette écoute, quelque chose commence à se faire sentir : une sensation, une image, une curiosité pour une possibilité que je n’avais pas envisagée.
Je n’ai pas besoin d’en comprendre le sens tout de suite. Je peux laisser cela m’accompagner.
Peut-être pourriez-vous prendre quelques instants, cette semaine, pour sentir ce qui arrive à son terme dans votre vie. Ce qui vous a nourri, ce qui vous a fait grandir, et que vous êtes maintenant prêt à laisser se déposer.
Vous pourriez confier à la terre quelques mots, une gratitude, une peine. Puis rester là un moment, sans chercher la suite.
Sous la surface, la vie poursuit son œuvre. Nous pouvons nous laisser porter un peu par ce mystère.